PASQUIERS Olivier

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"C'est après des études de sciences qu'Olivier Pasquiers s'est tourné vers la photographie, parce qu'il cherchait un contact humain qu'il ne trouvait pas dans les éprouvettes. « L'appareil photo vous rend légitime à demander de rentrer dans une usine, une maison, un atelier, explique celui qui confesse être un bavard de proximité. Je ne suis pas un photographe de voyage, j'aime faire mes images à distance d'une poignée de main. On s'assoit, on discute, on fait les images plus tard. »

 

Après une pratique individuelle, il intègre en 1991 l’équipe du bar Floréal. Ni vraiment agence, ni vraiment collectif, cette association, qui a pris le nom d’un café du quartier de Belleville, avait été fondée en 1985 par des photographes et des graphistes sur les questions d’échanges et d’utilisation de l’image. La démarche du bar Floréal pourrait se résumer ainsi : les gens nous donnent du temps, nous leur donnons une image que nous leur apportons, qui va permettre de faire une autre image, peut-être plus difficile, qui obligera la personne à se livrer davantage. » Inscrit dans une tradition humaniste, le bar Floréal a travaillé pour des associations comme le Secours populaire ou dans le cadre de démarches de renouvellement urbain. Mandaté par l’Anru, Olivier Pasquiers a documenté la démolition de la barre Renoir avec André Lejarre, dans la Cité des 4 000 à La Courneuve. Le travail dura près d’un an, le temps nécessaire pour se faire accepter des habitants du parc social. « C’était un endroit vraiment dur, se rappelle Olivier Pasquiers. Il a fallu six mois pour rencontrer des gens, creuser des réseaux, rencontrer des associations. On n’a photographié qu’une partie des 350 logements, tout en essayant de restituer un corpus représentatif. »

Le photographe n’est pas dupe des ambiguïtés de ce dispositif hautement institutionnel : « Nous arrivons mandaté par l’office HLM ou par la Ville, dans tous les cas par la puissance publique. Qu’on le veuille ou non, ce contexte génère un rapport de force et des types de relations avec l’habitant qui constituent notre cadre, avec ses contraintes. » Assigné aux zones sensibles, Pasquiers se prend parfois à rêver de sortir des banlieues de la République pour offrir un portrait plus complet de la société. « J’aimerais photographier une ville dans son ensemble, avec tous ses habitants, riches ou pauvres, montrer la diversité de ses quartiers, mais c’est une commande qui ne m’a jamais été passée. » Avis aux amateurs et aux mécènes éclairés !"

Olivier NAMIAS

Né en 1960, Olivier Pasquiers est photographe depuis 1988. Il a publié plusieurs ouvrages associant textes et photographies. Il travaille à distance respectueuse des personnes et des situations qu’elles vivent, affirmant que photographier est une façon d’être parmi les hommes et les femmes, de les regarder, de les écouter, de les attendre, de s’approcher, de les saluer, et de n’avoir plus qu’à tenter de traduire cette confiance en fragments, en regards. « Je suis photographe pour la relation aux autres, pour échanger des sentiments, des ambiances, des souvenirs, des livres, …, des photographies aussi avec ceux que je rencontre. ».

Membre de feu «Le bar Floréal.photographie» entre 1991 et 2015, date de la disparition du collectif. Il est installé maintenant dans son propre atelier le CHANTIER PERMANENT à Bois Colombes (92)

 

Il travaille souvent en collaboration avec des écrivains, des conteurs, d’autres photographes, des graphistes ou des associations humanitaires. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles ou collectives.

"Quartier libre" - Mars 2021